Le Musée des Mascarons sous l’oeil du président du MRVT

Monnaie sonnante et trébuchante

Cette expression signifie aujourd’hui l’argent liquide, celui que l’on peut toucher en pièces comme en billets.

Autrefois c’était pour qualifier les vraies pièces de monnaies; celles, qui de métal pur, sonnaient bien et que l’on pouvait trébucher, c’est-à-dire poser sur le trébuchet, cette petite balance de précision.

Pour le son, certains d’entre nous se souviennent du bruit des pièces sur les tables et les comptoirs. Car jusqu’il y a peu, rappelons-nous l’année 1968, les pièces suisses étaient encore en argent.

Quant à la valeur, elle était en relation directe avec le poids de métal précieux des pièces elles-mêmes.

La stabilité de la valeur des monnaies était exemplaire, comme le franc germinal institué en 1803, malmené pendant la première guerre mondiale et qui ne mourra qu’en 1926. Ainsi il y avait des tableaux de poids et de correspondances de valeurs entre les multiples monnaies qui circulaient dans toute l’Europe. Loin de l’euro aujourd’hui toléré en Suisse, il était alors possible de payer, par exemple en Scandinavie, des marchandises avec des ducats vénitiens. Il s’agissait donc de les peser pour s’assurer de toutes ces diverses pièces. D’abord parce que certaines étaient mal connues, ensuite pour vérifier leur réel poids et mettre à jour des fausses pièces, faites d’alliages plus légers, ou encore des vraies trop usées ou rognées. Pour éviter cette méthode discrète et malhonnête de gagner un peu de métal précieux sur la tranche de chaque pièce, les pièces de monnaies portaient des cannelures ou un texte.

Aujourd’hui les balances ont évoluées. Sur la base du poids d’une certaine quantité de pièces, elles peuvent nous indiquer le total de pièces sur leur plateau.

Et les pièces portent toujours sur la tranche des stries, maintenant pour aider les malvoyants à les identifier.

                                                                                                                                          Benoît Conrath